Des Idées Du Mouvement

Le progressiste, le conservateur et le réactionnaire

« Quelle est la différence entre un guitariste rock et un guitariste jazz ? Réponse : Un guitariste jazz joue 3000 accords devant 3 personnes tandis qu’un guitariste rock joue 3 accords devant 3000 personnes. »

– Une blague qui n’en est pas une.

Je vais me faire essayiste le temps d’une page, car je crois que le monde est une fable.

Il ne vous aura pas échappé qu’il peut parfois circuler au sein de l’intelligentsia, d’éventuels relents d’élitisme, d’un côté comme de l’autre, donnant à toute course à la connaissance un caractère résolument hostile qui peut contenir chez beaucoup d’entre nous des élans propices au dépassement de soi.
Ce faisant, on imposera régulièrement aux théories les plus nouvelles de faire leurs preuves avant même de les avoir appliquées.
Et on ne peut plus discuter.
C’est le propre du conservateur. Il n’aime pas qu’on lui rappelle que son mode de vie n’est pas unique au monde, et qu’il existe d’autres éthiques que la sienne.
Pour autant, chez les progressistes, il y a cette volonté qui va de la déconstruction à la destruction complète chez les plus iconoclastes d’entre eux, les révolutionnaires, qui peuvent en freiner plus d’un, et qui accorde aux conservateurs l’assurance que leur influence ne décroisse pour de longues années, alors que ça fait tout aussi longtemps, trop longtemps, que leur système ne repose que sur des œillères, et encore; tout ceci, c’est quand nous pouvons faire le constat et l’assurance que cela repose sur autre chose que des mensonges.
Les fantasmes de l’un contre les mensonges des autres? Les matérialistes contre les idéalistes?
Hélas non, c’est beaucoup plus compliqué que ça.
Par exemple, à titre personnel, je ne classe pas les révolutionnaires dans la catégorie des réactionnaires.
Bien qu’émane d’eux la volonté d’un 360°, ils ne réalisent au mieux qu’un 180 la plupart du temps, ce qui n’est jamais le cercle qu’ils nous promettent, d’où des circonstances souvent pires que la situation initiale.
Je suis encore moins partisan de l’immobilisme, et comme tout opportuniste, j’en fais quand même preuve quand c’est dans mon intérêt…
Oui, par souci d’honnêteté, je préfère vous le dire.

Si la politique de l’autruche était la solution à tous nos problèmes, je ne tiendrais pas ce blog.
Et comme je m’exprime à l’instant, à travers une page, et non un article, ce qui signifie que je considère cette réflexion comme une pièce maîtresse de mon entreprise, je vais vite arrêter d’en faire un pamphlet politique qui vous en rendrait la lecture plus pénible que je voudrais qu’elle ne le soit.
Je termine cette note donc, et nous allons explorer d’autres recoins de la pièce.

Premièrement, je ne vous prends pas pour des veaux.
Cela peut servir de justification à un ton qui peut paraître pédant d’un côté, sec et cassant de l’autre, et qui pourrait desservir mes propos;
Deuxièmement, je n’ai pas l’intention de diluer tous ces propos dans du miel pour vous faire avaler la pilule rouge non plus.
Ce qui pourrait vous donner l’irrépressible envie de me qualifier d’auto-complaisant.
Pour cela, je vous renvoie à l’article « Qui suis-je? »
https://magnumjovisincrementum.fr/about/

Réactionnaire donc, ce que je propose en fond est une renaissance, exactement comme la période en effet, ce qui me vaut de puiser massivement dans l’Antiquité pour mieux percer les secrets du monde de demain.
Il est hors de question que je m’y enferme pour autant, ce n’est à mes yeux qu’une perspective.
Mais celle-ci peut vous conquérir tout en douceur.
Il ne sera pas question pour vous comme pour moi de batailler contre ce que tout le monde vous refuse encore, cela est mon combat personnel et je ne vous imposerai pas de le suivre.

Parlons un peu d’art. La citation que j’ai insérée en début de page est totalement représentative de ce qui nous a beaucoup sauté aux yeux, pour ceux qui comme moi ont un faible pour la pop culture de la fin des années 60 au début des années 80.
Il y en a parmi vous qui ont entendu parler du rock progressif et du jazz fusion.
Et vous n’ignorez pas non plus qu’on les oppose particulièrement à tout ce qui pratiquait avant et après, en matière de rock comme de jazz.
Ces deux mouvements sont des ovnis complets pour deux courants qui arboraient fièrement l’étiquette progressiste, et même révolutionnaire, ce que je vois comme un comble étant donné le caractère résolument conservateur qu’ils prendront tous les deux, dès les quelques années à peine qui suivront leur essor, critique comme public.
En tant qu’illustration du discours que je suis en train de développer, c’est du pain béni pour moi.
Je n’aborderai que leurs dérives les plus extrêmes pour bien que vous saisissiez le caricatural ambiant qui imprègne les foules, en matière d’expression de leurs idéaux de jeunesse, et comment ceux-ci sont prêts à retourner leur veste au moindre pépin. Comme quoi, personne n’est à l’abri.
Quoi de mieux pour cela que la décennie du kitsch!
Moi-même, je fais de la musique un peu barge comme ça.
Puis, dans un prochain article, je m’intéresserai à la new wave, avant de faire un saut sur les mods, etc.

Alors, qu’avons-nous donc là …?

D’un côté, ça:

Lucky Man, une très belle chanson de feu Greg Lake (chant, basse, guitare), ex King Crimson, et membre du groupe Emerson, Lake & Palmer, deux groupes de rock progressif. Oui, et…?

Eh bien, amusez-vous à écouter Lucky Man, mais à partir de 3 minutes 22 secondes.
Ah, oui, là …
Ce niveau d’irrévérence, ça fait mal.

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HoaxEye on Twitter: "I was asked to check these image pairs ...

Je pense que si vous n’êtes pas convaincus, il va falloir vous persuader.
Bon … très bien.
Fusion time. Maintenant, et si nous écoutions ce morceau live d’une traite?
Allez, tous avec moi!

AH!

Leur point commun à tous ces groupes, c’est qu’ils feront soit de la soupe commerciale dans les années 80, soit, ils s’enfonceront encore plus dans les méandres de la grandiloquence, du trop plein et du pompeux.
Encore une fois, c’est par l’exemple que l’on comprend.

Gentle Giant est un de mes groupes favoris.

Ben, c’est plutôt sympa ce que tu nous montres en fin de compte, non? Certes, c’est plutôt longuet, tout en étant bien interprété et on y décèle de la passion.

Oui, il y a du très bon.*
Pour les curieux, ce site fourmille de chroniques qui m’ont fait découvrir des perles rares, des formations fabuleuses:
https://www.gutsofdarkness.com/god/selection.php?style=6&tri=p
* Mais après ils ont pondu ça.

Le problème, ce n’est pas quand la musique est mauvaise en soi. C’est plutôt quand on essaye de virer commercial pour plaire à un public américain (c’est un peu comme si j’essayais de vous plaire avec mon blog pour que vous le lisiez davantage, au détriment de ceux qui l’aiment comme tel), alors qu’on a un son unique à l’origine. Encore plus ironique, cette stratégie n’a pas payé pour Gentle Giant, et l’a fait éclater, tandis que le style jazz-rock/prog baroque de ses débuts revient à la mode.

Pour en revenir à Emerson, Lake & Palmer:

Non mais virez-moi ces synthés ?!

Comprenez que nous avons là tout du phénomène que je vous décrivais dans mon article « Le Jovien ».
Tous ces groupes ont pondu des classiques « indétrônables », des double-albums, des concept-albums, des opéra-rock pour la plupart, et leurs admirateurs continuent de se sentir au-dessus de tout le monde.
Pour eux, vous qui écoutez autre chose que des suites de 20 minutes en moyenne, ou chaque musicien (multi-instrumentiste au demeurant sinon c’est même pas la peine), a le droit à son solo de 5 minutes minimum; vous êtes de la plèbe. Ça, c’est un rock qui se déguste un Romanée Conti à la main.
Pour de vraies gens qui écoutent au moins du jazz et du classique, cela va sans dire.
Très ironique, parce que bien souvent, ils vulgarisent la musique savante, au point de la rendre méconnaissable, mais pas supérieure, tout en ayant l’ego de se sentir au sommet du verbe musical.
Donc, quand on voit que ce sont les mêmes qui moins de dix ans plus tard nous servent de la pop sucrée, on est tout à fait en droit de se fendre la poire …

Mais encore, dis-moi, Shatqiel, en quoi ça te pose un problème?

Eh bien, ça me pose le problème de la crédibilité. Ce n’est pas ce qu’on vous vend ici.
Tout discours s’oppose à une audience et tout rhéteur à une exposition à l’adhérence, la critique, l’analyse, le rejet ou l’indifférence.
Cette exposition crée un reflet, une image, qui soutient le discours, ou va totalement à son encontre. Il y en a qui sont capables d’exploiter ce reflet, et de contrôler leur image.
Je suis de ceux qui estiment que c’est non seulement une capacité innée, mais déterminée, à la naissance et par les acquis sociaux.
Votre lumière peut être négative, nulle ou positive, ce qui vous prédestine à des retours qui peuvent parfaitement vous renvoyer à vous-même ce qu’exactement, vous n’êtes pas.

Donc, dès qu’on essaye d’être objectif, c’est à dire se tenir en dehors des étiquettes prononcées par les tenants et aboutissants du bon goût, le jugement des autres, s’exerçant la majorité du temps par argument d’autorité, devient très vite une figure de pression constante, cette masse tentaculaire du nombre qui excommunie systématiquement tout ce qui ne va pas dans son sens, le qualifiant peu ou prou d’idiot, ou encore de fantaisiste, de folie, de mensonger, quand ce n’est pas pour vous expliquer avec bienveillance que vous si vous faites de la résistance c’est dû à [votre âge; votre situation familiale ; votre race ; votre patrimoine]
Il est exact que j’en souffre, et que je suis au dernier stade de la dépression.
Ainsi, je peux totalement arrêter d’écrire ici d’un jour à l’autre, et disparaître de la surface de la terre.
Tout comme je demeure philanthrope et préfère mourir pour mes convictions que pour rien, et accorder la victoire facile à ceux qui en ont contre la beauté, seule valeur devant laquelle nous pouvons accepter de nous agenouiller.
Même, et surtout si elle n’est pas de ce monde.

J’entends bien vous dire que nous sommes dans un pays qui ne tient plus l’initiative en haute estime. En effet, celui qui l’avait l’initiative, nous lui avons coupé la tête, et nous nous sommes amputés d’une direction avec.
Je peux parfaitement comprendre que l’on entende que le sentier de l’excellence est une trajectoire réservée à un esprit fondamentalement réactionnaire. Mais l’élitisme, c’est garder ce qu’on estime être l’excellence pour soi, dans le but d’engranger toujours plus de reconnaissance des pairs, des siens, du clan, de la tribu.
En mon sens, c’est un attribut de conservateur.
Le réactionnaire n’est pas un élitiste. Son pire ennemi n’est même pas le progrès, c’est le conservatisme.
Car c’est de son ressort, et entièrement de son ressort, si l’avenir nous est interdit à nous, génération maudite, qui n’invente rien.
Je dis que ceux qui aspirent au monde méritent un regard neuf.
Car nous nous intéressons au monde.
Souvenez-vous: les derniers seront les premiers.
Un jour, la nature reprendra ses droits.
Ce jour là, peut-être, oui, que les fous descendront de leur perchoir.
Se préparer à ce jour, c’est commencer à réagir.

« Tu comprendras quand tu seras grand, je suis passé par les mêmes étapes que toi tu sais,
La vie est faite de compromis,
On est tous radicaux un jour ou l’autre face à la difficulté, ça s’en ira avec de l’expérience et du vécu… »

– Oui, et toi tu as raté ta vie, trahi tes principes, oublié tes rêves et vendu tes aspirations au moins offrant, c’est à dire pour trois francs six sous. Ne me parle pas.

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