Ballu’s Bizarre Adventure, Tome X

Même en 2015, je n’étais pas très sûr des raisons de ma présence ici.

Alors ceci n’est pas uniquement d’après une histoire vraie. Ceci est une histoire vraie.

Pour éviter de me faire épingler une fois de plus par des gens qui n’assument pas de me connaître dans le monde réel, et qui n’ont aucun problème à mentir en face à face, même si c’est derrière un écran, on va prendre bien soin de modifier les noms par contre.

Alors hier je suis sorti avec Benito et Jacob qui sont un peu mes potes de référence de Caen donc on va boire un verre en ville. Benito, sous le coup de la fatigue, rentre, c’est la dernière fois que tu entendras parler de lui. On sympathise avec Lucie et Alphonse, sœur et frère, des technomanes. Jacob qui a un passé techno comme Yassine se met à leur parler de drogues et de toutes les teufs qu’il a faites en précisant bien que je ne m’y connais pas, que je suis néophyte, et donc que je n’avais encore rien vu.
Bon déjà tu noteras ce passage parce que je viens encore d’apprendre quelque chose sur moi, par quelqu’un qui m’a vu trois fois: rassurant non?
Bref j’ai relevé, tant pis. Faut dire qu’en même temps la seule opportunité qu’on a de briller à mes côtés, c’est de partir du principe que j’ai quatorze ans quand on a trente, car ça fait argument d’autorité. Wololo.
Moi je suis assis sur un tabouret, déjà saoulé, mais seulement au sens figuré, Lucie saoulée mais seulement au sens propre, me parle et me prend par le bras pour que je m’intéresse à elle. Eh bien ça n’a pas trop été le cas effectivement mais elle est plutôt sympa. Après Jacob veut rencontrer une amie à elle, Marie-Radegonde, qu’il me présente.

Alors celle-ci, notons le, est en concubinage avec un transgenre, anciennement une femme, présentement un homme, Petrus. Là, elle était seule, du genre plus que d’habitude, enfin partout sauf dans sa tête, et au bord de la rupture avec Petrus car Petrus est un sociopathe en puissance qui connaît bien la psychiatrie bien qu’il ne la connaisse qu’en tant que patient, du bout des doigts de pied, et qu’il l’exploite cette pauvre, qu’il l’exploite quand même vachement en lui piquant tout son fric mais là elle commence à se dire qu’il faut peut-être partir, quand même. Le courant passe bien.
Jacob s’en va, à un moment, donc on est tous les deux avec Marie-Radegonde. Elle est en confiance (quelle surprise, je suis prêtre, un genre d’inventaire humain, tendance ar(ch)iviste), elle me raconte toute sa vie. Oui, moi aussi je t’aime.
Je lui demande sa date de naissance afin d’avoir son thème astral et de m’éviter des mauvaises surprises. Elle est Balance, Lune en Taureau (et opposée Pluton), Mars en Cancer. Donc bon, malgré son passé présent futur lesbien, je suis clairement son type, voir article « Le Jovien ».
https://magnumjovisincrementum.wordpress.com/2020/05/23/le-jovien/.

On va dire que je n’ai rien vu mais c’est pour de vrai cette fois. Puis je lui explique deux trois choses, du sous-sol, en hurlant assez fort pour qu’elle m’entende (Ça va, là haut?). Elle, du haut de son piédestal, est contente de se dire que pour une fois, certains sont capables de la comprendre. Je la comprends. Moi aussi j’aimerais. On marche en ville, et comme la conversation portait sur les troubles psychiques et l’occulte, j’ai commencé à en manifester, par sadisme, mais pas que. Elle se disait exorciste un peu, on a donc parlé de Victor Hugo et de spiritisme. Elle a tendance à protéger ses potes des esprits qui hantent les maisons abandonnées, et qui ne leur veulent pas du bien (Aux potes. Je doute que vous vous préoccupiez du bien-être des maisons.) Puis, elle s’éloigne légèrement largement physiquement mais elle est toujours aussi présente mentalement. Après quoi j’ai commencé à rire machinalement. Ha, ah. Cela arrive souvent, comme quand j’ai rencontré ma Hélène. Oui, « ma. » (Il suffit, j’aurais pu dire « mon ».) – D’ailleurs, méprends-toi, toi, je ne t’aime plus –

Je pensais que c’était de la nervosité. En fait, non. C’est plutôt de la démence. Alors, elle m’a dit que j’étais possédé par un djinn. Aussi que j’étais un médium plus puissant qu’elle, sauf qu’il était plus que probable que j’aie fait un pacte pendant mon enfance ce qui explique mon avance considérable, sur tout. Ah, et vaguement le fait que je sois instable, impulsif et violent. Surtout. Je vous laisse faire votre propre cas de conscience. Je ne suis pas celui qui se confesse; je prends les confessions. Elle m’a demandé de toucher le mur d’une église de Caen (je vous vois venir, avec votre régime). C’était censé apaiser le démon. Je précise par contre, que juste avant ceci, l’on entendit systématiquement des bruits de pas dès lors qu’il n’y eut personne, les phares des voitures s’allumèrent tous seuls, il y eut des voix, et moi je n’y ai guère prêté attention occupé que j’étais à essayer de calmer mon œil droit qui partait en couille, grossièrement scripté, en essayant de prendre le dessus sur mon autre œil, ce qui m’aurait fait changer de personnalité. Elle me pose quelques questions techniques, du genre: est-ce que je préfère les pommes ou les poires, l’orange ou le bleu. Enfin, elle me demande mon prénom. Oui, dans cet ordre, naturellement. J’ai dû le répéter plusieurs fois, car même moi je n’y croyais pas. J’ai répondu que je m’appelais Tsadqiel, finalement. Elle m’a demandé de le prononcer mais à l’envers, c’était astringent. Note les changements de temps dans la narration pour que tu te perdes, Lecte(u)r, comme moi, ainsi nous ne serons plus d’un. Le but du jeu c’est que je dégage ma main du mur de l’église après l’avoir prononcé. J’ai rechigné, puis je me suis exécuté. On est parti. Elle me dit qu’elle veut qu’on se revoie le lendemain chez elle, avant que Jacob nous rejoigne pour une soirée, comme ça j’allais pouvoir lui parler de mon grand-père défunt que je voyais en « rêve », enfin plutôt devant moi quand je ne parvenais pas à m’assoupir. Je doute que c’eut été lui. Un éclair de lucidité? Elle aussi. Cela me fatigue. Vraiment. En bas de chez elle, je lui fis un câlin. Je ne te l’ai pas dit, lecteur/lectrice, mais elle a pris mes coordonnées sur un réseau social standard – que tout le monde utilise – auparavant. Cela a son importance car ce matin, quand je me suis réveillé, je ne faisais plus partie de ses amis sur ce réseau.

Machinalement, j’ai envoyé un message pour lui dire que j’étais bien rentré. Elle ne le lira sans doute jamais. Bon, normalement vous ne reconnaîtrez personne.

N.

PS: Tu es bientôt prêt(e) pour le Maurras Game, à venir dans un prochain article …

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