L’Usurpateur et la Reine II

La révolution débutera par un livre

Le fils prodigue doit être spirituel. Homme de lettres, il se devra de rappeler qu’il aura besoin d’exploiter sa compréhension de la nature humaine afin de remémorer à ses sujets que le pouvoir ne se demande pas mais se prend.
Il aura le plébiscite, qu’il eut consolidé par un Coup d’Etat.
Le fils prodigue va renverser le sens commun, quitte à devenir l’élu des fous, de manière à prouver qu’il peut faire mieux que la reine.
Car la France est un pays qui doit son prestige à la grande diversité de ses princes, qu’ils soient légitimes, monarques héréditaires de droit divin, ou de grands conquérants.
C’est pourquoi il ne respectera lui-même que ceux qui sont nés de la tradition, et donc antérieurs à son ordre.
ll ne s’arrêtera vraiment que lorsqu’il les aura assimilés puis surpassés, et enfin, échoué.
Cela découle de son désir de prouver qu’il était leur égal, mais que de condition inférieure, il les a transcendés, de son esprit de synthèse, dont l’a doté son pluriculturalisme.

L’usurpateur aura ainsi la particularité de se croire au dessus des lois, d’où l’antithèse de la royauté qu’il incarne.
Cela semble, en premier lieu, jouer en sa défaveur, OR;
Pour réaliser l’alchimie de la couronne, cette condition, la démence, qui découle d’une crise identitaire, est nécessité.
De la couronne, il n’a d’autre choix de que se montrer digne, et pour ce faire est contraint de s’affranchir de son hérédité, qui biaise la statistique.
Cela n’a rien à faire dans la sphère publique, autrement, Jules César aurait été l’Empereur, et non son fils adoptif, Octave Auguste.
L’usurpateur est le despote républicain qui enterre la reine en lui succédant, en ce sens il est à la fois destructeur et constructeur.
Révolutionnaire et conservateur.

En fait, réactionnaire.
Ordonné et anarchique.
Dur ou flexible.
Autoritaire, mais débonnaire.
Honnête et criminel.
Impartial, mais partisan.
Rigoureux et paresseux.
Froid mais émotif.
Sec, aérien, pragmatique, terre à terre la majorité de son temps, principalement avec la gente.
Manipulateur, condescendant, hypocrite et de mauvaise foi, et limpide, sans être transparent, pour le temps qu’il lui reste.
Exalter la rationalité.
Sanguin et bilieux, idéaliste et feindre l’idiotie quand il le faut, principalement avec les petites gens. S’ériger en saint. Répandre la passion, exalter la foule, sans être opaque.
Sévère, complaisant, à la recherche de la vérité, mais aussi de la justice.
Accessible, mais flou. Vague.
Comme le droit.

Il commencera par s’identifier à la reine; ce qui est le résultat de son éducation, souvent similaire à la sienne, parfois meilleure.
Sa jeunesse lui vaudra quelques erreurs, qui serviront à le faire paraître plus humain.
Son talent sera reconnu par certains, d’autres le dénigreront.
Ces étapes lui sont donc nécessaires, s’il veut que son joug soit incontestable. L’inné seul ne suffit pas.
La fin est louable, mais la méthode ne doit pas l’être.

Ne faire qu’un avec la couronne.
Travailler en ce sens.
Polir sa pierre.
L’oeuvre au noir lui permettra de s’en réclamer.
S’exiler. Se mettre au contact de l’étranger. Apprendre de lui. S’aliéner. Être adoubé par le monde. Obtenir ses aides cachées.
L’oeuvre au blanc, de lui faire concurrence.
Se rebeller, puis se ranger, obtenir la reconnaissance du clan. Faire valoir la filiation, obtenir la légitimité, la (re)modeler. Obtenir sa probation.
Enfin, l’oeuvre au rouge la renversera.
A ce stade, son règne est établi.
Ensuite viendra la pérennisation ou l’abolition.
Si son talent et son travail lui accordent la capacité de vivre vieux,
Il entrera dans l’Histoire, pour ne plus en sortir.
Il lui faut des ennemis. Beaucoup d’ennemis.
Car la réprobation est du pain béni, elle ne le remet pas en cause.
Elle le renouvelle.
Cela est bon pour sa popularité, plus particulièrement s’il a une arch-Némésis.
Cela ne pouvant être la reine; car ils sont complémentaires, bonnet blanc et blanc bonnet.
Ces ennemis lui apporteront des soutiens, le dédouanant malgré eux, lui offrant une issue de secours.
Cela peut être un membre de son entourage proche, comme sa femme, qu’il faut accuser en temps utile; la fierté du sang venant de la mère, de même que sa pureté.
L’épouse n’en sera qu’une réactualisation.
Le plus souvent, ce seront aussi sa fratrie, ses amis.
Il lui faudra les éliminer un par un, sans l’ombre d’un doute.
S’il se montre faible un instant, ils le trahiront et le tueront.
Ce n’est pas grave. Son existence est une feinte, une farce, un conte, une pièce de théâtre.
De tragique, elle passe à comique.
Et il en a conscience.

Alors,
Si tout se déroule comme prévu,
Il aura le privilège d’asseoir sa progéniture sur ses propres cendres.
Le crime l’a rendu immortel.
Né d’une femme, mort d’une femme,
Il est l’actuel Sagittaire,
Il est Dieu sur Terre.

« S’aliéner.
Puis faire valoir sa filiation.
S’aliéner.
Puis faire valoir sa filiation.
Le métèque est un perpétuel antagoniste.
Toujours en état d’urgence, il n’est pas votre égal, et ne connait pas la liberté.
Jongler entre ces deux extrêmes est son unique façon de s’émanciper.

Chaos Ab Ordo,



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